Céphalonie peut susciter une admiration immédiate et une frustration durable. Les baies sont superbes, les villages séduisants, les montagnes présentes partout. Pourtant, une semaine mal organisée peut donner l’impression de conduire constamment pour rejoindre une nouvelle merveille. Le problème tient rarement au manque d’intérêt de l’île. Il vient plutôt de sa richesse, dispersée dans un territoire que l’on sous-estime.
Une île de paysages et de contrastes
La plus grande des îles Ioniennes associe le massif de l’Ainos, des villages côtiers et plusieurs visages urbains. Argostoli est une capitale active ; Fiskardo conserve une partie de son architecture ancienne, tandis qu’Assos propose un cadre de petit village au bord de l’eau. Ces lieux ne sont pas des variantes proches d’une même station. Ils peuvent devenir les centres de voyages différents. [1]
Myrtos et la grotte de Melissani figurent parmi les paysages emblématiques. La première frappe par son vaste amphithéâtre minéral ; la seconde par son lac souterrain. Mais réduire Céphalonie à ces deux arrêts ferait perdre l’intérêt du reste : routes paysagères, villages, relief et plaisirs d’une base où l’on prend ses habitudes. Le décor est un avantage ; la dispersion est sa contrepartie. [2]
La carte doit précéder la réservation
Avant de choisir une villa, il faut identifier ce que l’on souhaite faire chaque jour. Sortir dîner à pied ? Se baigner sans reprendre la voiture ? Explorer plusieurs régions ? Une adresse isolée peut convenir au troisième objectif et compliquer fortement les deux premiers. Une piscine privée compense parfois cet isolement, mais elle ne recrée pas une promenade de village.
L’autre erreur consiste à prendre toutes les images de plages pour des promesses de baignade facile. Un rivage de galets, une mer ouverte ou un accès en pente peuvent très bien convenir à des adultes et moins à de petits enfants. Nous recommandons donc de distinguer une plage principale, choisie pour son usage, et quelques plages de découverte choisies pour leur beauté.
Choisir son centre de gravité
Pour une première semaine, rester dans un même secteur donne souvent un meilleur rythme que changer sans cesse de côte. Argostoli peut servir une recherche de vie urbaine ; une base autour d’un petit port répondra davantage à l’envie de soirées paisibles. Avec dix à douze nuits, deux étapes deviennent envisageables si elles réduisent réellement les trajets.
Céphalonie plaît particulièrement à ceux qui aiment conduire dans de beaux paysages et acceptent de sélectionner leurs sorties. Elle convient moins à qui attend un concentré d’animation et de plages célèbres autour d’un unique centre piéton. Pour un long séjour hors été, il faut également examiner les services disponibles autour de l’adresse retenue, au-delà de l’attrait du paysage.
La meilleure manière de l’apprécier consiste peut-être à renoncer, dès le départ, à « tout faire ». Revenir deux fois dans la même baie n’est pas manquer son voyage. C’est parfois commencer à profiter d’une île que l’on avait jusque-là seulement traversée.
Pour aller plus loin
[1] Visit Greece — Céphalonie • [2] Discover Greece — Céphalonie




